Comment les tarifs sont-ils fixés ?
12 septembre 2018

Grande question, grand débat.

Comment les tarifs sont-ils fixés ?J’ai moi aussi fait partie de ces gens de l’autre côté de l’ordinateur (du côté du client, j’entends), qui arrondissent grands les yeux devant le tarif d’une facture d’auto-entrepreneur. (Bon, certes, il y en a aussi qui y vont fort de café.) Et puis, je suis passée de l’autre côté (du côté entrepreneur donc, essayez de suivre un peu), et j’ai compris certaines choses.

Je ne vais pas vous parler ici des détails de comptabilité, ni de toute la procédure à appliquer pour calculer son tarif en tant que freelance. (J’avais commencé à écrire l’article en ce sens, puis je me suis rendue compte que d’autres que moi l’avaient déjà très bien fait*, mais qu’en plus peut-être que vous vous en contre-fichiez.) Je voudrais simplement vous donner quelques notions clés qui vous permettront de mieux comprendre le montant final de la facture d’un auto-entrepreneur, et de ne plus faire une attaque en comparant le prix d’une prestation avec le montant d’un salaire… Car en fait, si vous devez retenir une seule chose de cet article ce serait ça : il ne faut JAMAIS comparer le prix d’une prestation de freelance avec un salaire.

Pourquoi ? Déjà parce qu’un salaire vous le touchez tous les mois, quoiqu’il se passe, quoique vous fassiez, que vous ayez pris des jours de repos, que vous ayez glandé pendant la dernière heure de travail tous les vendredis, ou que vous ayez pris du retard sur ce dossier qui était pourtant si urgent la semaine dernière. (Si, si vous voyez tout à fait de quel dossier je veux parler.) Et puis, rappelons-le, en tant que salarié, non seulement vos congés sont payés, mais vos arrêts maladies aussi. Et pendant qu’on y est, vous cotisez également pour vos droits aux allocations chômage, et pour votre retraite ! Encore une fois, toutes ces prestations sociales vous sont dues par votre employeur. A contrario, un auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur hein, parce que bon, c’est comme ça qu’on dit maintenant), lui n’a pas droit à tout ça (ou du moins à très moindre échelle). Il doit ainsi penser à réserver une partie de son budget si un jour il se casse le bras et qu’il ne peut plus bosser pendant deux mois… ou s’il veut juste prendre une semaine de vacances sans passer dans le rouge.

Sans parler du fait qu’une prestation, c’est un service rendu à un moment T. Quand elle est finie, elle est finie. Ce n’est pas parce qu’on a fait une prestation en janvier à 3000€, qu’elle reviendra les prochains mois. (Mais si c’est le cas, tant mieux !) Il est donc complètement absurde de comparer le tarif d’une prestation à un salaire.

Surtout que, dès qu’on commence à creuser, on réalise tout le temps consacré à une prestation, qui ne nous aurait pas sauté aux yeux de prime abord… Comme le temps d’échange avec le client pour connaître son activité, ses goûts et ses valeurs. Le temps de recherche, qui ne sera souvent pas partagé mais qui permet de réaliser les premières propositions. Le temps de modifications et d’ajustements, selon les retours du client. Peut-être même le temps passé dans les transports pour se rendre au bureau dudit client, ou le temps passé dans les mails, la confection des devis, et des factures… Et même une fois la prestation terminée, croyez vous que l’auto-entrepreneur va se reposer sur ses lauriers ? Que nenni ! Il devra repartir chercher de nouveaux clients. Démarcher, écrire des mails, téléphoner, rencontrer. Puis faire ses déclarations de chiffre d’affaire, et d’impôts. Tout ce temps, c’est du temps de travail… qu’il devra donc répercuter dans son prix.

Et pour finir sur la face cachée de la facture d’un auto-entrepreneur, il faut savoir qu’un auto-entrepreneur paie aussi des taxes (22% de la facture, grosso modo, qui n’iront pas dans son porte-feuille). Sans oublier qu’avec ce qu’il gagne, il devra rembourser les frais inhérents à son activité, comme par exemple l’achat de cartouches d’encre, l’abonnement à des logiciels de PAO ou encore la participation à une formation…

J’effleure du doigt un sujet bien plus complexe à appréhender, même en étant soi-même auto-entrepreneur (surtout en étant auto-entrepreneur), alors qu’il y aurait beaucoup à écrire. C’est l’histoire de tout un cheminement, pour arriver à la balance subtile entre facturer le prix juste et s’en sortir financièrement.

Comment les tarifs sont-ils fixés ?

Retenez surtout qu’un freelance, fait généralement son travail par passion. Qu’il compte rarement ses heures de travail. Et qu’il finit souvent tard dans la nuit (pas de bureau, pas d’horaires, personne pour dire “bon Micheline, c’est l’heure de s’en aller maintenant, la journée est finie.”)
Alors, non, je vous vois venir, ce n’est pas la complainte du free-lance que je suis en train de vous servir. C’est un statut génial pour ce qu’il permet de bénéficier : la liberté.
Mais comme vous le savez, il n’y a pas de liberté sans contrainte, et, croyez-moi, des contraintes il y en a.

*Si vous cherchez un article sur la manière dont calculer son tarif en tant qu’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) je ne peux que vous renvoyer vers les très bons articles de The BBoost.